Q: Pourquoi le sponsoring voile pour mon entreprise plutôt qu’un autre sport?

A: Il y a beaucoup de valeurs intrinsèques à la course au large, qui en font une option d’investissement sponsoring sportif extrêmement intéressante pour beaucoup d’entreprises.

La longueur d’épreuves comme le Vendée Globe ou l’Ocean Race, s’étalant respectivement sur 3-4 mois et 9-10 mois, permettent aux sponsors de toucher leur audience dans la durée. Ceci, notamment grâce aux retours média traditionnel exceptionnels en France pour le Vendée Globe, mais aussi par l’effet amplificateur que la durée de ces épreuves permet sur les réseaux sociaux.

En terme de valeurs, la course au large combine d’une manière unique et avec crédibilité : innovation technologique, performance et énergies durables. A cet égard, elle projette un reflet positif de la transition énergétique, sans doute de manière plus crédible qu’aucun autre sport. Si la CSR de votre entreprise met l’accent sur des thèmes tels que la protection de l’environnement ou l’économie circulaire, je serais heureux de réfléchir a ce a quoi pourrait ressembler un programme voile optimum, cohérent avec ces thèmes, et répondant aux objectifs de votre stratégie de communication (interne et externe)

Q : Pour les sponsors, quelles sont les différences and entre la course au large et des régates autour de bouées ?

A: Pour un observateur néophyte, c’est vrai, ces deux disciplines du yachting ont beaucoup en commun. Toutes deux s’appuient sur de la haute technologies et l’innovation (design, matériaux composites, etc.) et utilisent comme fuel une énergie 100% renouvelable ; en l’occurrence le vent.

Au delà de ce similitudes ; et toujours si l’on garde en perspective les motivation d’un sponsor, les deux sports reflètent en fait des ethos très différents. En tant que levier de communication, les deux disciplines ont des forces et des faiblesses que les sponsors devront bien apprécier. Pour résumer :

En course au large, la valeur sponsor réside en grande partie dans la capacité d’écrire de belles histoires. Quiconque, même sans suivre la voile assidûment, doit pouvoir ressentir de l’empathie et de l’admiration pour ce qu’endurent les marins, poussant des bateaux très complexes et rapides aux limites de leur design, et dans les régions les plus hostiles et isolées du globe. De fait, un programme de course au large est relativement simple à activer car sa compréhension par un public ‘mainstream’ est immédiate. Cette aura est amplifiée par les retours médias de certaines épreuves comme le Vendée Globe ou la Route du Rhum, qui, en France bénéficie d’une couverture média auprès du grand public exceptionnelle durant la durée des épreuves.

Pour les régates autour de bouée, la valeur sponsor réside typiquement plus dans l’expérience spectateur sur le village de course, en permettant inviter des contacts VIP au cœur de l’action, et dans une atmosphère souvent très exclusive. Les subtilités de la régate autour de bouée peuvent être difficiles à comprendre pour des non initiés. Cependant, les organisateurs des régates majeures, dans le sillage de la révolution récente de la Coupe de l’America, ont investi dans les technologies de présentation du sport (tracking, tableaux de bord, etc.), rendant le suivi des régates accessible pour une audience néophyte de non spécialistes, relayées efficacement sur les réseaux sociaux. Des classes comme GC32, le Sail GP ou le SuperFoiler pour ne nommer qu’eux, avec des  niveaux d’investissements  divers, mettent en place des circuits mondiaux sur le  modèle du monde de le Formule 1.

Q : En tant que nouveau sponsor d’un projet de course au large, devrais-je m’attendre à un retour sur investissement rapide, ou est-ce plus un investissement avec retour sur long terme ?

A: En tant que sponsor, vous devrez compter sur de la chance, par exemple avec un projet gagnant qui réussi sur un grand évènement, pour obtenir de forts retours média. Avoir cette attente sur un évènement unique s’avèrerait un pari très risqué, quel que soit l’aura d’évènements comme une Route du Rhum ou un Vendée Globe. Les sponsors qui semblent le meilleur retour sur investissement du sponsoring voile semble être ceux sont ceux qui s’engagent sur le long terme pour créer une histoire forte entre la carrière d’un skipper et une marque, générant un fort suivit des parties prenantes (clients, employés) sur la durée. Des associations Thomson – Hugo Boss, Camas – Groupama, Gabart – Macif ou Sodebo – Coville font parti de ces exemples. Dans chaque cas, une marque s’approprie les valeurs de la voile et de la course au large sur leur marché.

 

Q: Est-ce que ma société peut bénéficier d’avantages fiscaux en sponsorisant un projet de course au large?

A: Peut-être. Afin encourager l’investissement vers des projets philanthropiques, la plupart des législation (France, GB, US) prévoient des dispositions permettant de limiter l’exposition de votre société a l’impôt, quand le projet porte de le nom d’une œuvre caritative. Certains projets à lors des dernières éditions du Vendée Globe ou de la Volvo Ocean Race ont adopté ce modèle avec des bateaux portant les couleurs d’une fondation, parfois créée pour l’occasion, et ayant pour vocation, par exemple, d’alerter le grand public sur la pollution plastique des océans.

Aussi attractive fut-elle pour le sponsor, cette option reste un compromis en ce sens que la visibilité du projet est cédée au dit projet philanthropique. Le sponsor doit évaluer le bien fondé de cette option à l’aune des objectifs de sa stratégie de communication. En bref, si par exemple l’objectif principal du programme est de faire la promotion d’un produit ou d’une marque spécifique en s’appuyant sur les très forts retours media de course comme la Route du Rhum ou le Vendée Globe, il semblerait cohérent pour le sponsor de retenir la maximum de visibilité sur le bateau, notamment en associant le du projet au dit sponsor et/ou produit.

En revanche, si le sponsor est un groupe B2B établi, avec des liens historiques étroits avec ses clients et influenceurs institutionnels, le partenariat entre le projet et le sponsor est facile à valoriser avec un minimum d’activation. Dans cette configuration, et plus particulièrement si certains des objectifs du programme sont par exemple, la cohésion interne d’une base de collaborateurs large et internationale, opérer sous le nom d’une grande cause peut être particulièrement engageante, et intégrer certains des thèmes de politique de responsabilité sociale du sponsor.

Il n’y a pas une réponse universelle. Chaque situation mérite d’être analysée individuellement. Comme toujours, le point de départ est la stratégie de communication du sponsor potentiel.

Q: Monotypes ou classes ‘Open’ – Qu’est qui est le mieux pour les sponsors?

A: Voilà un des sujets les plus débattus dans les cercles de voile professionnelle ! A titre d’introduction pour des néophytes, dans une classe de monotypes, tous les bateaux sont strictement identiques. Dans le cas de classes open, les bateaux sont des prototypes. Chaque bateau est unique et—surtout pour les projets gagnants—le résultat d’un effort significatif de recherche et de design. Pour les sponsors, chaque option présente des avantages et des inconvénients.

Les flottes de monotypes de course au large comme, pour ne citer qu’eux, les deux dernières éditions de la Volvo Ocean Races, la Solitaire du Figaro, ou le tour de France à la voile en Diam 24 sont toutes sensées offrir des conditions sportives égales entre les diverses équipes. Ces bateaux sont construits avec un degré de robustesse en général très élevé, et les monotypes sont censés éviter l’escalade des cout de fonctionnement opérationnels. Ces deux points, auxquels s’ajoute la complexité d’un projet ‘open’, peuvent rassurer, notamment un sponsor entrant juste dans la course au large, et qui aurait put être alerté par les taux d’attrition très élevés de certaines éditions de la Route du Rhum ou du Vendée Globe. Même dans le cas de classes monotypes, Il reste des différences de budgets entre les équipes. Les mieux dotées budgétairement, n’ayant pas à soutenir d’effort de recherche et de construction, pourront démarrer leur programme d’entrainement plus tôt, et seront en mesure d’embaucher des skippers stars. Le sponsor devra évaluer l’intérêt relatif de ces ‘investissements pour gagner’ par rapport a une participation moins ambitieuse, et le degré d’activation nécessaire pour atteindre un ROI conforme aux objectifs de communication du dit sponsor. Les mêmes principes de bénéfices sponsor s’appliquent aux nombreuses classe monotype conçues pour régater ‘in shore’ ou autour de bouées. Le milieu de la voile de compétition a récemment vu émerger de nouveaux circuits s’appuyant sur des designs de foiler très spectaculaires. Avec des implantations régionales diverses mais des feuilles de route affichant clairement des ambitions globales, ces nouvelles classes monotypes incluent le GC32, Le SuperFoiler ou le très commenté Sail GP qui, avec des moyens colossaux, cherche à proposer une alternative monotype à la Coupe de l’America.

Les circuits sur classe Open présentent un modèle de ROI sponsor en général assez différent. En course au large ces circuits incluent l’IMOCA, la classe historique du célèbre Vendée Globe, et qui vient d’être sélectionnée pour la prochaine édition de l’Ocean Race (l’ex Volvo Ocean Race). Le pinacle de la voile in shore est évidemment la Coupe de l’América ou les aspects design et innovation sont intégrés à la stratégie de l’équipe. Dans le cas de l’IMOCA, la phase de design et de construction peut s’étaler sur 12 à 18 mois. Cette période peut être utilisé très efficacement pour commencer à écrire une histoire forte, initier l’activation du programme et sensibiliser les parties prenantes bien avant que la presse généraliste ne couvre les grandes courses. L’option « open » est très pertinente pour des sponsors communiquant sur l’innovation et la performance, et naturellement engageant pour des entreprises ayant une base de clients et/ou de collaborateurs à forte culture d’ingénierie et de technologie. En IMOCA, les mêmes principes s’appliquent plus ou moins à l’acquisition d’un navire de la génération précédente, qui pourra faire l’objet de programmes d’optimisation. L’option d’un IMOCA existant peut être une option rassurante pour un sponsor nouveau dans la voile.

Q : Est-ce que la voile est-elle chère?

A : Tout est relatif. La réelle question devrait tourner autour du retour sur investissement d’un programme voile. Ce modèle de ROI variera d’un sponsor à l’autre en fonction des priorités de sa stratégie de communication. Certains sponsors seront particulièrement attentifs aux aspects ‘marque’ et retours media, d’autres à la cohésion interne qu’un skipper et son programme de course au large peuvent inspirer. Le budget opérationnel d’une campagne IMOCA tourne autour de 3 Millions d’euro par an, en plus du quel il faudra provisionner les budgets nécessaires à l’activation du programme. Le budget activation peut être marginal comparé au budget opération, si par exemple la cible du sponsor est facile à atteindre. Il peut être équivalent ou supérieur au budget opération. La voile coute ce qu’elle coute mais demeure très abordable comparée a des sports comme le foot ou la F1, ou pour le budget d’un campagne IMOCA, un sponsor ne pourra qu’un logo sur le casque d’un pilote ou le t-shirt d’un footballer star.